Kyrielles entend offrir au plus grand nombre la possibilité d’une redécouverte des chants grégoriens. L’émission s’adresse ainsi à tous : clercs dont la connaissance du répertoire propre de l’Église est restée fragile, fidèles quasiment de fait privés de ce répertoire en paroisse, personnes éloignées de l’Église habitués des concerts où se réfugie et prospère cette musique.

Remettre en cause l’amalgame réducteur « grégorien = rite extraordinaire » est un devoir minimal. Faut-il rappeler que le Concile Vatican II a réaffirmé que le « chant grégorien est le chant propre de la liturgie romaine » (Sacrosanctum concilium, § 116) ? Ce trésor cantoral, ecclésial, liturgique et spirituel est destiné à tous. Nous formons aussi le vœu que les clercs bénéficient des lumières des musicologues et chanteurs, et réciproquement.

Loin des querelles de chapelles, Kyrielles entend présenter les différents styles d’interprétation des chants grégoriens en ne jetant d’anathème sur aucun. La restauration du grégorien au XIXe siècle par les moines de Solesmes a ouvert la voie et la voix à un progrès immense de connaissance et de pratique du grégorien. Avec, pour faire vite, le recul de la pratique en paroisse depuis quelques décennies, un fossé se creuse entre des recherches musicologiques d’un côté et le souvenir que le grand public a gardé de ce qu’est le grégorien de l’autre. Kyrielles en présentant aussi bien le grégorien monastique, les interprétations des chœurs des grandes cathédrales, que les interprétations par des ensembles laïcs, interprétations sémiologiques et le nouveau grégorien comme disent certains, entend œuvrer à dépoussiérer l’image du grégorien. En effet, il est temps de tordre le coup à l’opposition entre progressisme et traditionalisme dans laquelle certains dans l’Église se complaisent par idéologie. Ces histoires désastreuses sont les leurs, non la nôtre. Il s’agit de penser plus loin, de chanter plus fort, de prier plus haut.